mar. Août 11th, 2020

RDC/ÉCONOMIE : Quid de la dépréciation du Franc Congolais face au dollars américains ? (TRIBUNE)

Il s’observe depuis avril 2019 une forte dépréciation du franc congolais face au dollars américains dont le taux de change est passé de 1600 fc à 2020 fc dans l’écart pratiquement d’une année et trois mois.

Cette situation économique que traverse le pays de Patrice Emery Lumumba est source de désolation et inquiétude dans le chef de la population congolaise.

Les uns l’aperçoivent comme etant l’une des conséquences de mauvaise gestion du pouvoir actuel. Les autres l’attribuent au décaissement des 57 millions USD alloués au programme d’urgence des 100 jours du Chef de l’État Félix Tshisekedi dans sa rubrique des maisons préfabriquées sur instruction de Vital Kamerhe, alors Directeur du Cabinet du Président de la République et coordonnateur dudit programme d’urgence des 100 jours. Une autre opinion pointe du doigt l’ancien régime, celui de Joseph Kabila, d’être à la base de cette situation économique pour avoir vidé les caisses de l’État.
À cela il faut ajouter l’influence négative de la crise sanitaire liée à la Covid-19 qui a paralysé les activités commerciales et économiques de la République Démocratique du Congo.

QUELLE EN EST LA VRAIE CAUSE ?

Telle est la question principale à laquelle Juste-info.net tentera de répondre en vue d’éclairer la lanterne.

Préoccupé par ladite situation, le Chef de l’Etat Félix Antoine TSHISEKEDI a, lors du 41 ème Conseil des Ministres du vendredi dernier, instruit le Gouvernement de prendre des mesures nécessaires en vue d’arrêter la dépréciation de la monnaie locale.

Depuis lors, plusieurs voix se sont deliées pour apporter la lumière à cette problématique.

 » Le Gouvernement doit reduire le train de vie des institutions et investir dans des secteurs productifs comme l’agriculture afin de reduire le taux d’importations, sinon le taux de change pourrait atteindre 2600 fc dans les jours à venir », avait alerté l’ancien Premier Ministre Augustin Matata Ponyo.

Le Premier Ministre honoraire a également fait savoir que la situation économique actuelle est due, non seulement à la fermeture des frontières en raison de la COVID-19, mais aussi du fait que la RDC n’arrive pas toujours à mettre en valeur les vastes étendues des sols arables dont elle dispose.

Abordant la problématique dans la même lignée, Adolphe Muzito, lui aussi Premier Ministre honoraire ( 2008-2012 ), a invité le gouvernement congolais à booster le secteur de l’agriculture, afin de ne plus perdre le peu de devises que detient le pays, en important des denrées alimentaires qui peuvent être produites localement.

Le Président fondateur du parti politique Nouvel Elan a deploré haut et fort la non réalisation du gigantesque projet du parc agroindustriel de Bukanga Lonzo, initié sous le Gouvernement Matata Ponyo, lequel projet a été financé à hauteur de 240 millions USD.

Le Congo est plus importateur que producteur

Selon le récent récit de Clément Bonnerot, correspondant de France 24 en RDC, 80% des denrées alimentaires que l’on retrouve sur les marchés congolais sont importées, nonobstant les 80 millions d’hectares des sols arables non exploités.

La RDC est le deuxième pays de la planète touché par l’insécurité alimentaire après le Yemen qui occupe la première place de ce classement, a révélé ledit récit qui précise par ailleurs que 80% des congolais ne mangent pas à leur faim.

Certaines voix reprochent au Président Tshisekedi d’avoir jeté de l’argent par les fenêtres en privilegeant la construction des sauts de moutons et l’erection des maisons préfabriquées alors que le pays devrait à tout prix créer des sources de production des recettes afin de diversifier l’économie nationale, laquelle ne repose actuellement que sur les produits miniers.

Dans le souci de mettre en place une économie introvertie alimentée par la production locale, le Gouvernement a décidé de la relance des cultures vivrières dont le riz et le manioc d’ici l’horizon 2023.

Troisième puissance démographique du continent, la RDC n’octroie que 3% de son budget à l’agriculture pourtant elle peut mieux faire dans ce secteur si jamais la volonté et la détermination y sont associées.

Au regard de ce qui précède, la RDC n’a pas droit à l’erreur et doit à tout prix investir dans le secteur agricole, qui est un domaine indispensable pour le développement de plusieurs pays du monde.

Didier Plotin Yambenga

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