lun. Fév 24th, 2020

Edition 2020, la biennale Yango pour une nouvelle formule

Yango Biennale revient avec une nouvelle formule. La biennale va discuter des nouvelles voies pour l’art avec la ville de Kinshasa, dont l’immensité géographique et symbolique est le miroir de l’immensité du Congo lui-même, en tant que territoire physique et imaginaire, fantasmé et répulsif, écrasant et désiré. Son énergie créatrice et sa vitalité inépuisable sont un cadre idéal pour la création artistique dont la ville est connue comme un des viviers sur le continent africain. Marquée par des années de colonisation, de dictature et de guerres civiles dites d’exploitation de ressources minérales, Kinshasa, où la vie demeure précarisée dans une large mesure, porte les strates de sa mémoire tumultueuse à fleur de peau, comme si la ville, à travers l’attitude des corps, la danse, la musique et de tonitruantes prises de parole, voulait marquer l’instant, chaque instant, car l’instant est le seul lieu où l’évidence pour soi-même est possible. Yango Biennale s’est proposé dès sa première édition à consolider la création kinoise, à travers un programme de prix et de résidences de création qui ont promus des artistes tels que Géraldine Tobe, Bouvy Enkobo ou Freddy Tsimba Yango se considère donc comme un événement négociant l’espace pour l’imagination créatrice dans ce contexte d’apartheid racial devenu par la suite un apartheid de pouvoir politique et économique pour finir en apartheid des moyens de l’imaginaire. La biennale est une pépinière de possibles qui se profileront et s’affirmeront selon l’évolution des discussions entre les artistes, les chercheurs, les théoriciens et les commissaires en marge d’interactions avec la ville. Yango se considère donc comme un événement négociant l’espace pour l’imagination créatrice dans ce contexte d’apartheid racial devenu par la suite un apartheid des pouvoirs politique et économique pour finir en apartheid des moyens de l’imaginaire. Animé par le concept « mudimbien » de « reprendre » et considérant les espaces traditionnels de présentation des arts dans la ville de Kinshasa comme un prolongement stérile des usages de la société industrielle répliquée dans les colonies avec le divertissement ouvrier d’une part et les cercles pour cadres européens d’autre part, ce projet entend, à travers des ateliers, des discussions et de l’expérimentation, ouvrir la voie à de nouvelles façons de présenter de l’art, de proposer les créations d’artistes dans/à la ville. Ceci en considérant les enjeux démographiques, environnementaux et sociaux dans la ville, mais aussi les cultures locales de représentation telles qu’en témoignent différents objets dits ethnologiques produits dans la région et collectionnés à travers le monde. Patrick LAKWE/Juste-info.net

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